fantasy, lectures

| Chronique | Le Prieuré de l’Oranger

Samantha Shannon

Editions De Saxus – 2019

987 pages – 24,90 €

quatrième de couverture

La maison Berethnet règne sur l’Inys depuis près de mille ans. La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d’elle… Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages.
Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l’usage d’une magie interdite s’impose pour cela.

De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues. Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence. Pendant que l’Est et l’Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil…
Bientôt, l’humanité devra s’unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.

Après tous les éloges qui en ont été fait dès sa sortie et quelques mois dans ma PAL (j’avoue que sa taille me faisait plutôt appréhender cette lecture), j’ai enfin lu ce magnifique roman de fantasy. Magnifique, oui, c’est dit, c’est clair : j’ai a-do-ré.

Si j’ai mis quelques 200 pages à apprivoiser l’univers et les personnages, une fois bien entrée dans l’histoire les presque huit cent suivantes – ce qui est assez conséquent – sont passées à une vitesse folle. Déjà, d’un point de vue pratico-pratique, j’ai trouvé le découpage d’une part des chapitres bien fait, d’une taille raisonnable qui permettait de tenir un bon rythme sans trop de longueurs, et d’autre part le choix de plusieurs parties judicieux, qui marquent des pauses dans ce long roman et permettent d’arriver au bout sans être lassé ni essoufflé – non, avec délectation.

Nous suivons donc les péripéties de quatre personnages totalement différents, aux quatre coins d’un univers somptueux, que j’ai trouvé travaillé, abouti (ce qui peut manquer parfois dans des OS mettant en place un monde imaginaire). Bon, c’est vrai qu’en mille pages, il y a de quoi l’appronfondir, MAIS QUAND MÊME. La carte présentée au début est bienvenue, et on passe vraiment par tous (ou presque, d’accord) les endroits de l’univers, ce qui est génial. Au début, chaque personnage a « son » lieu, mais ils finissent par le quitter et voyager dans le reste du monde ; j’ai grandement apprécié que les titres des chapitres soient l’un des quatre points cardinaux , soit l’un des quatre principaux emplacements dans lesquels se déroule l’histoire. Cela permet de ne point se perdre géographiquement, et donc de suivre correctement et agréablement l’intrigue.

L’autrice nous balade donc d’un coin de son univers à l’autre, faisant s’entrecroiser les personnages, leurs passés, leurs présents, leurs destins. J’ai adoré être emportée ainsi à travers les reinaumes et les royaumes à la rencontre de nombreux personnages, de leurs histoires et de l’Histoire, de légendes et créatures fantastiques. Les principales sont les dragons (j’adoooore les dragons hihi), mais on en croise d’autres, sorties tout droit de l’imagination de l’auteure. Pour moi, le « dosage dragon » était parfait ; ils étaient présents sans pour autant envahir l’intrigue.

Nul besoin de dire que cette intrigue est passionnante et menée avec grandiosité. Seul petit bémol selon moi, j’ai trouvé la fin un peu expédiée, surtout au vu de de tous les développements précédents ; les résolutions auraient méritées d’êtres un peu plus détaillées.

Et les personnages, alors ? Et bien, ils ne sont pas en reste, loin de là. Je suis admirative de la façon dont l’auteure est parvenue à créer des êtres de papier – de fantasy qui plus est – aussi authentiques, tant dans leurs caractères que dans leurs relations. Elle met en avant quatre narrateurs, qui sont profonds et attachants (je me suis personnellement beaucoup attachée à Ead et à sa relation avec Sabran) tout en parvenant à mettre en scène une myriade de personnages secondaires qui ont chacun une place – pour la plupart essentielle – dans le récit. La résolution de l’intrigue finit par dépendre des actions de TOUS les personnages, leurs destins s’imbriquant d’une telle manière et si bien écrits, j’ai trouvé ça tout bonnement génialissime.

Aussi, ce qui se démarque dans ce roman, c’est la place de la femme, mise au premier plan ; l’intrigue se fait largement autour de personnages féminins, dont on remarque le caractère héroïque bien souvent laissé aux homme. L’autrice choisit de mettre en avant des femmes fortes, courageuses, dignes, et pourtant belles et bien humaines. On a quand même un reinaume – je ne sais pas vous, mais de mon côté, je n’en avais encore jamais croisé en fantasy. Je pense que mine de rien, c’est une petite avancée dans le monde de la littérature de l’imaginaire.

D’autant plus que les relations amoureuses dépassent les genres.  Dans l’univers du Prieuré de l’Oranger, l’amour est l’amour, point ; on a un véritable éventail de diversité où l’orientation amoureuse n’est même pas questionnée, ce qui est vraiment plaisant en fantasy où les univers restent largement hétéro-normés.  

« Tu sauras te pardonner, Tané. Tu es au printemps de ta vie, mon enfant, et tu as encore tant à apprendre sur ce monde. Ne te prive pas du privilège qu’est l’existence. »

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